Troubles de l’intestin chronique

Définition
Les troubles digestifs intestinaux sont maintenant bien étudiés sur le plan académique (deux références bibliographiques sont à disposition sur www.revmed.ch 26 septembre 2012 ; 1821-1825 et Forum Med Suisse  2012 ; 12(25 :505-513)
Ces troubles digestifs sont rassemblés maintenant sous le terme de syndrome de l’intestin irritable (SII).
Par le passé, on utilisait le terme de dyspepsie, côlon irritable, colite spasmodique, etc. mais cette entité correspond à un ensemble de symptômes digestifs qui associe chronicité douloureuse et modification du transit, en dehors de toute cause organique décelable biologiquement ou à travers l’imagerie médicale. Cela a été longtemps classé dans les maladies psychosomatiques, comme pour se débarrasser de la question, alors que la qualité de vie des patients était profondément altérée et les coûts de santé générés importants.
Avant d’affirmer le diagnostic de SII, on prendra bien soin d’éliminer toute pathologie organique, en particulier les maladies auto-immunes de la famille des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI en particulier la maladie de Crohn et sa famille).
Diagnostic

  • la douleur abdominale chronique décrite comme une sensation de crampe, d’intensité et de localisation variable, associée à un inconfort intestinal, souvent soulagé par la défécation et le passage de gaz.
  • altération du transit avec diarrhée ou selle défaite ou constipation avec selle dure ou molle ou enfin avec alternance de diarrhée et de constipation. Plus précisément, ces critères sont rassemblés dans les critères de Rome, dans sa dernière version Rome III en 2006.

Physiopathologie
Comme cela est l’habitude dans les pathologies fonctionnelles et bien connu de l’approche naturopathique, le SII s’inscrit dans un processus multifactoriel (qui porte le nom de « dysregulated brain-gut axis ») qui associe :

  • l’hypersensibilité viscérale : la perception douloureuse d’un organe interne, ici l’intestin, se situe à plusieurs niveaux, muqueux, sous-muqueux (inflammation chronique médiée par la sérotonine et d’autres médiateurs), médullaire et cortical (modulation centrale anormale de la douleur).
  • une perturbation de la motilité intestinale : là encore, le métabolisme de la sérotonine est au centre des dysfonctions de la régulation de la fonction neuromusculaire de l’intestin, mais le système sympathique et parasympathique est lui aussi concerné.
  • la dysbiose intestinale est au centre de l’inflammation chronique liée au déséquilibre de la microflore colique. Les immunohistologistes proposent l’hypothèse d’une réponse immunitaire intestinale accrue en présence de cytokines pro-inflammatoires chez ces patients.
  • un état émotionnel perturbé : le système limbique et les structures para-limbiques relient l’intestin au système nerveux central, permettent la transmission des états émotionnels au niveau de l’intestin. Le stress aigu, chronique, post-traumatiques, les dépressions, les troubles anxieux, etc. influencent la communication entre le système nerveux central à travers l’axe hypothalamus-hypophyse-surrénale.
  • la nutrition et les intolérances alimentaires : plus de la majorité des patients signalent une aggravation de leurs symptômes, après la consommation de certains aliments.
    Les facteurs déclenchants fréquents sont les produits laitiers et céréaliers, les aliments contenant du fructose et le café. Il faut cependant distinguer deux situations spécifiques,
    celle des intolérances alimentaires vraies qui correspondent à un phénomène immunitaire et que l’on met en évidence par le dosage des anticorps anti-aliments spécifiques (IgG) dans le sang,
    celle d’une mal-digestion : en effet, certains aliments peuvent déclencher un réflexe gastro-colite excessif, une diffusion plus marquée d’eau dans l’intestin (par la présence de nutriments osmotiquement actifs) et une fermentation bactérienne de certains sucres. Ceci recouvre la famille des aliments « FODMAP » qui est l’acronyme anglophone d’oligo-di-monosaccharides et polyols fermentables, qui forment un groupe indépendant d’hydrates de carbone à courtes chaînes et d’alcools sucrés (polyols).Ces différents mécanismes se conjuguent et certains restent à préciser, en particulier les facteurs épigénétiques et les facteurs environnementaux.

—————————————-La suite suivra le 15/09/2018——————————————

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